La politique suisse des transports fait face à des défis certains. Pour preuve, des routes bouchées et des trains bondés. Il est évident que des investissements sont nécessaires tant dans le réseau routier que dans le réseau ferroviaire, afin de tenir compte des besoins changeants en matière de mobilité.
Chaque année, des sommes considérables sont consacrées aux infrastructures de transport. Elles sont en grande partie déboursées par les consommateurs, par exemple sous forme de charges fiscales sur les carburants. Cependant, le financement s’effectue de manière arbitraire et contraire au principe de causalité. Ainsi, chaque année, des revenus routiers à hauteur de 3,8 milliards vont à l’infrastructure ferroviaire en tant que subventions croisées. Mais cela n’est pas tout.
L’Association Transports et Environnement (ATE) a déposé en automne 2010 l’initiative «Pour les transports publics». Celle-ci prévoit d’affecter aux transports publics 70 pour cent des recettes de l’impôt sur les huiles minérales, issues du trafic routier. Afin de combler le déficit qui en résulte pour le financement du trafic routier, l’impôt sur les huiles minérales devrait encore être augmenté. Ceci renchérit la mobilité dans son ensemble.
Le Conseil fédéral rejette l’initiative, mais il privilégie lui aussi le rail aux dépens de la route. Le FAIF, le financement de l’infrastructure ferroviaire, prévoit de soutirer au trafic routier des moyens considérables, qui seraient nécessaires au maintien des infrastructures.
Derrière ces deux projets se cache une intention politique de transfert. Cependant, le privilège accordé à l’infrastructure ferroviaire présente des problèmes. Premièrement, le réseau ferroviaire est financièrement trop dépendant du trafic routier. Si un transfert devait véritablement s’opérer de la route vers le rail, la route générerait moins de revenus. Ces moyens financiers viendraient alors à manquer au trafic ferroviaire. Deuxièmement, le développement de l’infrastructure ferroviaire ne doit pas mener à ce que le réseau routier soit négligé. Les deux réseaux sont indispensables à la mobilité suisse et à l’économie. L’importance de concepts de financement durables tant pour la route que pour le rail n’en ressort que plus fortement.