La politique énergétique est actuellement à la croisée des chemins. La politique discute de nouveaux concepts d’approvisionnement, fixe des objectifs climatiques en cohérence avec la consommation d’énergie et s’efforce de rééduquer les consommateurs en matière de consommation d’énergie et de mobilité. Ce faisant, on voit aussi remis en question de manière irréfléchie des vecteurs énergétiques qui ont fait leurs preuves.
Au lieu de placer au centre du débat la sécurité de l’approvisionnement énergétique, les produits pétroliers font régulièrement l’objet d’une stigmatisation politique. Ceci touche en premier lieu l’essence. Malgré l’absence actuelle d’alternatives, des revendications toujours renouvelées se font entendre visant la relève des carburants fossiles.
On considère des approches qui vont à l’encontre des principes de marché, visant à renchérir de manière «artificielle» l’essence et le diesel afin d’en réduire la consommation. Il s’agit à l’heure actuelle de trois projets. Premièrement, dans le cadre du programme d’«élimination des goulets d'étranglement du réseau des routes nationales», on envisage l’augmentation de la surtaxe sur les huiles minérales de 20 centimes par litre de carburant.
Deuxièmement, dans le cadre de la révision de la loi sur le CO2, le Parlement prévoit d’introduire une taxe d’incitation sur les carburants. L’essence et le diesel verraient alors leur prix augmenter d’environ 30 centimes par litre.
Troisièmement, en raison de l’initiative de l’ATE, un déficit s’annonce dans le financement des routes, car les recettes de l’impôt sur les huiles minérales seraient principalement affectées au rail. Afin de combler ce déficit, la surtaxe sur les huiles minérales devrait être augmentée d’environ 50 centimes par litre.
Du point de vue du secteur pétrolier, une politique énergétique axée sur l’incitation est peu judicieuse. Les vecteurs énergétiques trouvent leur légitimité et leur bien-fondé dès lors qu’ils sont utilisables de manière rentable et facilement accessibles.